🫠 On nous a vendu des rêves digitaux. Le marché, lui, n’avait plus de place

Entre diplômes, LinkedIn et marché saturé : le témoignage d’une génération à qui l’on a promis un avenir dans le digital… avant de découvrir une réalité beaucoup plus brutale.

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Fabio Meireles

5/27/20264 min temps de lecture

Pendant des années, on nous a répété la même chose : “Le marketing digital recrute.” “La communication est un secteur d’avenir.” “L’IA va créer des opportunités.”

Alors on a étudié. On a payé des écoles. On a fait des stages, des alternances, des MBA. On a appris les réseaux sociaux, le SEO, la publicité digitale, Canva, Meta Ads, Google Analytics, ChatGPT, les tunnels de conversion, le branding, le storytelling.

Et puis un jour, diplôme en main, on ouvre LinkedIn. Et là, le vrai marché commence.

Des offres d’emploi devenues des concerts de Céline Dion

Aujourd’hui, postuler à une offre dans le marketing ou la communication ressemble presque à une guerre silencieuse.

Tu ouvres une annonce publiée depuis 17 minutes. Il y a déjà 186 candidatures. Une heure plus tard : 400.

Tu actualises la page comme si tu essayais d’acheter des places pour Céline Dion avant rupture de stock.

Le problème n’est même plus seulement le niveau des candidats. Le problème, c’est le volume. On a créé une génération entière de profils “digital”, mais sans créer suffisamment de débouchés derrière.

Aujourd’hui, les écoles produisent des diplômés plus vite que le marché ne crée de place

Depuis quelques années, les formations en marketing, communication et digital explosent partout. Écoles privées, MBA, bachelors, formations accélérées, certifications IA, bootcamps… Le digital est devenu l’un des secteurs les plus vendus aux étudiants et aux personnes en reconversion.

Le problème, ce n’est pas qu’il y ait des écoles. Le problème, c’est le décalage entre le nombre de diplômés qui sortent chaque année… et la réalité du marché derrière.

Parce qu’aujourd’hui, des milliers de personnes apprennent les mêmes compétences :

  • communication digitale

  • crĂ©ation de contenu

  • rĂ©seaux sociaux

  • IA

  • publicitĂ© Meta

  • branding

  • SEO

  • storytelling

Mais le marché, lui, n’absorbe plus tout le monde au même rythme. Et parfois, on a l’impression que certaines formations préparent davantage à obtenir un diplôme… qu’à réellement trouver une place dans le secteur.

Le paradoxe de notre génération

Le plus ironique dans tout ça, c’est qu’on nous demande constamment d’être polyvalents.

Alors on le devient.

On apprend seuls. On teste. On crée des projets. On développe des compétences en dehors des cours. On devient presque des mini agences à nous seuls.

Mais malgré ça, beaucoup se retrouvent obligés de faire… une nouvelle reconversion. Pas parce qu’ils n’aiment plus le métier. Mais parce qu’ils n’ont même jamais eu l’occasion d’y entrer réellement.

Imagine la violence psychologique de cette phrase : “Je dois me reconvertir d’un métier dans lequel je n’ai même pas encore travaillé.”

LinkedIn est devenu une vitrine où tout le monde semble réussir… sauf ceux qui cherchent réellement

Le plus étrange aujourd’hui, c’est le décalage entre ce qu’on voit en ligne et la réalité.

Sur LinkedIn :

  • tout le monde annonce un nouveau poste

  • tout le monde “est ravi de rejoindre…”

  • tout le monde parle de succès, de projets, de croissance

Mais derrière les publications motivantes et les photos corporate, il y a aussi énormément de gens diplômés qui cherchent pendant des mois sans réponse.

Et ça crée une pression silencieuse. Parce qu’à force de voir les autres avancer publiquement, beaucoup finissent par croire qu’ils sont les seuls à galérer. Alors qu’en réalité, toute une génération traverse la même chose.

Mon cas : MBA Marketing Digital & IA… et pourtant

Moi, je viens d’obtenir mon MBA Marketing Digital & Intelligence Artificielle.

Sur le papier, ça devrait être le timing parfait :

  • le digital explose,

  • l’IA est partout,

  • les entreprises parlent d’innovation Ă  longueur de journĂ©e.

Mais dans la réalité ?

Je cherche un poste. Comme énormément de gens. Et parfois, j’ai l’impression que le diplôme est devenu une ligne parmi des milliers d’autres dans une pile de CV infinie.

Ça ne veut pas dire que les études ne servent à rien. Ça veut dire qu’aujourd’hui, le diplôme seul ne garanti plus rien. Le marché est devenu brutalement compétitif.

Le vrai problème : on forme des profils, mais pas des trajectoires

Le problème n’est pas que les jeunes étudient le marketing ou la communication. Le problème, c’est qu’on leur vend souvent une vision incomplète du secteur.

On montre :

  • les mĂ©tiers crĂ©atifs

  • les bureaux modernes

  • les campagnes inspirantes

  • la libertĂ© du digital

Mais on parle rarement :

  • de la prĂ©caritĂ© des dĂ©buts

  • de l’épuisement mental

  • de l’instabilitĂ©

  • des centaines de candidatures ignorĂ©es

  • du sentiment de ne jamais ĂŞtre “assez”

Et surtout, on oublie une réalité devenue presque absurde : Le marché junior disparaît progressivement, pendant qu’on continue de former des juniors en masse. Aujourd’hui, les entreprises cherchent des profils déjà expérimentés… pour des métiers où plus personne n’a réellement l’occasion de commencer.

Et maintenant ?

Je ne pense pas qu’il faille arrêter d’étudier le marketing ou la communication. Je pense simplement qu’il faut être honnête avec les nouvelles générations.

Le secteur existe encore. Des opportunités existent encore. Mais il faut comprendre que :

  • le marchĂ© est saturĂ©

  • l’ultra-polyvalence devient presque obligatoire

  • le rĂ©seau compte Ă©normĂ©ment

  • les projets personnels deviennent parfois plus importants qu’un diplĂ´me

  • et surtout : il faut rĂ©ussir Ă  crĂ©er sa propre valeur dans un monde oĂą tout le monde possède dĂ©jĂ  les mĂŞmes compĂ©tences de base

Aujourd’hui, savoir utiliser Canva ou ChatGPT ne suffit plus. C’est devenu la norme.

Peut-être que notre génération devra créer ses propres opportunités

Et c’est peut-être ça, le vrai tournant.

Créer son média. Son projet. Son activité. Son concept. Sa marque.

Parce qu’attendre qu’un marché saturé nous donne enfin une place devient parfois plus difficile que de construire la sienne.

Peut-être que le vrai diplôme aujourd’hui, ce n’est plus le papier qu’on reçoit à la fin des études. Peut-être que c’est la capacité à continuer malgré les refus, malgré le silence, malgré les candidatures envoyées dans le vide.

Parce qu’au fond, toute une génération essaie simplement de trouver sa place dans un marché qui lui avait promis qu’il y en aurait une.

Signé Fabio.

Signé Fabio

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